jeudi 22 mars 2012

Pour la défense de l'hôpital d'Apt.

Le Comité des Usagers pour le soutien et la défense du centre hospitalier d'Apt m'a adressé (comme à tou-te-s les candidat-e-s à l'élection législative) un questionnaire concernant la politique à engager en matière de santé, et particulièrement pour l'hôpital d'Apt :
  1. Allez-vous délaisser tout un territoire qui est déjà socialement et sanitairement sinistré (...)?
  2. Prendrez-vous la responsabilité de laisser une jeune maman accoucher sur la route entre Apt et Avignon (...)?
  3. Avec la suppression du médecin gynécologue, les femmes du pays d'Apt auront-elles la possibilité d'avoir recours à l'IVG dans le délai réglementaire, et le dépistage des cancers gynécologiques pourra-t-il continuer à être pratiqué?
  4. Allez-vous laisser disparaître l'équipe mobile de soins palliatifs?
  5. Allez-vous laisser fermer un bloc chirurgical de proximité (...)?
  6. Ne considérez-vous pas que priver une personne âgée de ses repères spatiaux et temporels relève de la maltraitance?


Voici ma réponse, telle que je l'ai adressée au comité ce 22 mars :


Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

J'ai bien reçu votre questionnaire du 3 mars et je vous en remercie.

Au vu des questions que vous posez à tous les candidats je pense que peu d'entre eux oseront répondre « oui » à vos interrogations. Mais ils renouvelleront, la main sur le cœur, leur attachement au centre hospitalier du Pays d'Apt !

Alors je ne me contenterai pas de témoigner de mon attachement à cet établissement où mes enfants sont nés et - étant quelque peu turbulents - ont été usagers réguliers des urgences !

Je m'interrogerai plutôt sur les causes de la situation actuelle et formulerai les propositions que le Front de Gauche préconise face à cette situation, pas unique en France hélas, et particulièrement critique dans notre département : Apt, mais aussi Pertuis, Cavaillon, Valréas...

Quitte à être un peu longue je reviendrai d'abord sur la définition d'un SERVICE PUBLIC :
Un service public est une mission générale ou une prestation particulière qui est due par l'Etat à tous les citoyens appelés usagers.
Le fondement de la notion de service public est que certaines activités sociales considérées comme essentielles et stratégiques doivent être gérées selon des critères spécifiques pour permettre un accès à tous et contribuer à la solidarité et à la cohésion sociale, culturelle et économique de la société. Ces activités doivent donc échapper à la logique du marché et à la recherche du profit. Nos services publics font partie de notre histoire, de notre culture, de notre mode de vie. Ils sont inscrits dans la Constitution française, dans le préambule de 1946 :
« Tout bien, toute entreprise dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public...doit devenir la propriété de la collectivité... »
Mais la constitution européenne et les traités y afférent ont fait entrer la finance et avec elle les notions de concurrence et de « rentabilité »
Comment cela s'est-il traduit dans le domaine de la santé ?
La loi de 2003 instituant la tarification à l'activité, puis la loi Bachelot ont été les portes d'entrée de la privatisation du service public de la santé .
La mise en place des Agences Régionales de Santé chargées depuis 2010 de la politique de santé dans leur région d'implantation et remplaçant les Agences Régionales de l'Hospitalisation (ARH), les DDASS et les DRASS travaillent dans les faits à la casse de l'hôpital par l'exigence aveugle de l'équilibre budgétaire et la fermeture des services jugés non rentables.

Voici le triste constat qui explique la situation actuelle du centre hospitalier d'Apt.

Alors quelles sont les propositions du Front de Gauche face à cette catastrophe ?

Je vous les livre telles qu'elles sont déclinées dans notre programme : « l'Humain d'abord » car il s'agit bien de remettre l'humain au centre de nos préoccupations.

« Nous mettrons fin en priorité aux fermetures et démantèlements d'hôpitaux, de maternités, de centre de soins et d'IVG. Nous garantirons l'accès effectif et gratuit à la contraception et à l'IVG.

Nous abrogerons la loi Bachelot et la loi de 2003 instituant la tarification à l'activité.

Nous voulons reconstruire et développer un service public de santé basé sur la proximité et la qualités des soins avec les personnels, les élus et les citoyens .

Les ARS seront supprimées. L'ensemble des dispositions en faveur de la santé sera mis en œuvre par des instances regroupant les personnels et les professionnels, les élu(e)s et les citoyen(ne)s. »

J'espère que ces quelques éléments vous permettront de comparer et de juger des solutions que chaque parti préconise.

Je me tiens évidemment à votre disposition pour développer celles du Front de Gauche .

Bravo pour votre mobilisation citoyenne ou plutôt notre mobilisation citoyenne.

L'HUMAIN D'ABORD.

Pour le Front de Gauche,

Josette PESSEMESSE.


PS : je serai présente lors de la réunion du 28 Mars et interviendrai volontiers si vous le désirez.




samedi 3 mars 2012

Belle assemblée citoyenne à Saint Saturnin les Apt ce vendredi 2 mars.


Une trentaine de personnes se sont retrouvées ce vendredi pour débattre autour des services publics : « Quel constat ? Quelles sont les propositions du Front de Gauche ? »

Après une brève histoire des services publics, on a rappelé que, par définition, ils ne doivent pas avoir des objectifs de rentabilité mais répondre à une demande d'intérêt général.

Qu'en est il actuellement et comment redonner aux services publics leur vraie vocation ?
Le débat - d'un niveau étonnant - a débouché sur une discussion très savante sur le MES (Mécanisme Européen de Stabilité), qui a permis à tous de comprendre les dangers du nouveau traité européen que l'on est entrain de nous « concocter » sans nous demander notre avis.
Non, messieurs les politicards, le peuple n'est pas idiot. Il exige plus que jamais de prendre son destin en main !
Je suis toujours formidablement surprise par l'intelligence collective de tels débats.
Les assemblées citoyennes sont vraiment une belle invention !