Le Comité des Usagers pour le soutien et la défense du centre hospitalier d'Apt m'a adressé (comme à tou-te-s les candidat-e-s à l'élection législative) un questionnaire concernant la politique à engager en matière de santé, et particulièrement pour l'hôpital d'Apt :
- Allez-vous délaisser tout un territoire qui est déjà socialement et sanitairement sinistré (...)?
- Prendrez-vous la responsabilité de laisser une jeune maman accoucher sur la route entre Apt et Avignon (...)?
- Avec la suppression du médecin gynécologue, les femmes du pays d'Apt auront-elles la possibilité d'avoir recours à l'IVG dans le délai réglementaire, et le dépistage des cancers gynécologiques pourra-t-il continuer à être pratiqué?
- Allez-vous laisser disparaître l'équipe mobile de soins palliatifs?
- Allez-vous laisser fermer un bloc chirurgical de proximité (...)?
- Ne considérez-vous pas que priver une personne âgée de ses repères spatiaux et temporels relève de la maltraitance?
Voici ma réponse, telle que je l'ai adressée au comité ce 22 mars :
Monsieur le Président, Mesdames,
Messieurs,
J'ai bien reçu votre questionnaire du
3 mars et je vous en remercie.
Au vu des questions que
vous posez à tous les candidats je pense que peu d'entre eux oseront
répondre « oui » à vos interrogations. Mais ils
renouvelleront, la main sur le cœur, leur attachement au centre
hospitalier du Pays d'Apt !
Alors je ne me
contenterai pas de témoigner de mon attachement à cet établissement
où mes enfants sont nés et - étant quelque peu turbulents - ont
été usagers réguliers des urgences !
Je m'interrogerai plutôt
sur les causes de la situation actuelle et formulerai les
propositions que le Front de Gauche préconise face à cette
situation, pas unique en France hélas, et particulièrement critique
dans notre département : Apt, mais aussi Pertuis, Cavaillon,
Valréas...
Quitte à être un peu
longue je reviendrai d'abord sur la définition d'un SERVICE
PUBLIC :
Un
service public est une mission générale ou une prestation
particulière qui est due par l'Etat
à tous les citoyens appelés usagers.
Le fondement de la notion
de service public est que certaines activités sociales considérées
comme essentielles et stratégiques doivent être gérées selon des
critères spécifiques pour permettre un accès à tous et contribuer
à la solidarité et à la cohésion sociale, culturelle et
économique de la société. Ces activités doivent donc échapper
à la logique du marché et à la recherche du profit. Nos
services publics font partie de notre histoire, de notre culture, de
notre mode de vie. Ils sont inscrits dans la Constitution française,
dans le préambule de 1946 :
« Tout bien, toute entreprise
dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service
public...doit devenir la propriété de la collectivité... »
Mais la constitution
européenne et les traités y afférent ont fait entrer la finance et
avec elle les notions de
concurrence et de « rentabilité »
Comment cela s'est-il
traduit dans le domaine de la santé ?
La loi de 2003 instituant
la tarification à l'activité, puis la loi Bachelot ont été les
portes d'entrée de la privatisation du service public de la santé .
La mise en place des
Agences Régionales de Santé chargées depuis 2010 de la politique
de santé dans leur région d'implantation et remplaçant les Agences
Régionales de l'Hospitalisation (ARH), les DDASS et les DRASS
travaillent dans les faits à la casse de l'hôpital par l'exigence
aveugle de l'équilibre budgétaire et la fermeture des services
jugés non rentables.
Voici le triste constat qui explique la
situation actuelle du centre hospitalier d'Apt.
Alors quelles sont les propositions du
Front de Gauche face à cette catastrophe ?
Je vous les livre telles
qu'elles sont déclinées dans notre programme : « l'Humain
d'abord » car il s'agit bien de remettre l'humain au centre
de nos préoccupations.
« Nous
mettrons fin en priorité aux fermetures et démantèlements
d'hôpitaux, de maternités, de centre de soins et d'IVG. Nous
garantirons l'accès effectif et gratuit à la contraception et à
l'IVG.
Nous
abrogerons la loi Bachelot et la loi de 2003 instituant la
tarification à l'activité.
Nous
voulons reconstruire et développer un service public de santé basé
sur la proximité et la qualités des soins avec les personnels, les
élus et les citoyens .
Les
ARS seront supprimées. L'ensemble des dispositions en faveur de la
santé sera mis en œuvre par des instances regroupant les personnels
et les professionnels, les élu(e)s et les citoyen(ne)s. »
J'espère que ces
quelques éléments vous permettront de comparer et de juger des
solutions que chaque parti préconise.
Je me tiens évidemment à
votre disposition pour développer celles du Front de Gauche .
Bravo pour votre
mobilisation citoyenne ou plutôt notre mobilisation citoyenne.
L'HUMAIN D'ABORD.
Pour le Front de Gauche,
Josette PESSEMESSE.
PS : je serai présente lors de la
réunion du 28 Mars et interviendrai volontiers si vous le désirez.


