jeudi 9 février 2012

Italie : nouvelles manifestations contre l'austérité.

(Vu sur Global Voices)

La multitude de mouvements de protestation qui ont suivi la mise en oeuvre des programmes d'austérité dans de nombreux pays européens en proie à la crise des dettes souveraines aurait dû nous apprendre que lorsqu'une économie nationale est laissée à la merci des taux d'intérêt et des marchés financiers, tôt ou tard la population finit par donner libre cours à son mécontentement. Et surtout dans un pays comme l'Italie, déjà mise à rude épreuve par des années de gabegie publique, et où la désinformation vient s'ajouter aux déficits budgétaire et démocratique.
Depuis mi-janvier, l'Italie est balayée par une vague de manifestations, qui s'est ouverte en Sicile avec la mobilisation des agriculteurs, camionneurs et pêcheurs, souvent de petits entrepreneurs, rejoints ensuite par l'ensemble des Siciliens, salariés, étudiants et chômeurs. Le mouvement est dénommé Forza d'Urto [en italien] (”force de choc”), mieux connu comme “le mouvement des fourches”.


A partir du 6 janvier, les barrages des chauffeurs de poids lourds ont immobilisé les routes et autoroutes de l'île durant six jours avec au moins 26 barrages, interrompant la circulation des marchandises et mettant le commerce à l'arrêt, avec de longues files d'attente aux stations d'essence et des rayons vides dans les supermarchés.
Puis le mouvement a essaimé dans d'autres régions [en italien], avec des grèves et barrages dans toute l'Italie. A Rome, lors d'une manifestation de pêcheurs devant la Chambre des Députés, trois manifestants auraient été blessés, dans une mobilisation massive contre le programme d'austérité du premier ministre Mario Monti et son cabinet, pour déplorer notamment la hausse brutale du prix de l'essence. Pendant les premiers jours de la contestation, les médias italiens sont pourtant restés largement silencieux, sauf quelques journaux locaux, comme le souligne Marco Cedolin sur son blog Il Corrosivo [en italien]
(...) 
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