vendredi 10 février 2012

Pour comprendre à quelle sauce ils veulent nous manger.


L’infernale mécanique du Mécanisme européen de stabilité.
(par David Bourdier)



Jean-Luc Mélenchon nous dit, à nous autres citoyens, lors du meeting de Montpellier mercredi 8 février 2012 : "Renseignez-vous sur le Mécanisme Européen de Stabilité, c'est votre devoir." Je suis citoyen, je fais mon devoir :
Le mécanisme est destiné à "assurer la stabilité financière de la zone euro". Y participent tous les pays de la zone euro, qui contribuent à son capital. L'idée est de permettre aux pays, solidaires, de se prêter les uns aux autres. Déjà, on se demande comment, puisqu'ils sont tous endettés, l'Allemagne la première. La Dette prête à la Dette... Mais passons.
Plus loin : Toute assistance financière sera subordonnée à une stricte conditonnalité...Bigre... on ne rigole pas. Mais bon, c'est le jeu... on emprunte, il faut être rigoureux... Soudain, tout commence à s'éclairer: Le MES coopérera très étroitement avec le Fonds Monétaire International... Voilà donc ce que c'est que le MES: le FMI au sein de l'Europe. La conditionnalité dont sont assortis les prêts octroyés par le MES figure dans un programme d'ajustement macroéconomique défini dans le protocole d'accord. Gulp. Et puis les choses se gâtent...
Le MES peut prendre la décision d'intervenir sur le marché secondaire. Qu'est-ce que cela veut dire? Cela veut dire faire rentrer des partenaires privés. Des prêteurs. Qui bénéficieront du système deux fois, sous la forme d'intérêts, mais surtout qui bénéficieront des garanties données par les Etats emprunteurs, dont l'engagement de respecter les programmes d'ajustement macroéconomiques mentionnés plus haut.
Or, comme tous les pays sont endettés, on commence à se demander si le mécanisme n'est pas une construction répondant à une mission apparente, la stabilité, mais qui ne serait rien autre que l'habillage d'un mécanisme destiné à permettre à des prêteurs privés de prendre le contrôle de pays débiteurs souverains.
Un pays qui emprunte abandonne sa souveraineté au MES, lequel, ensuite, se donne le droit de la mettre sur le marché secondaire pour la donner à des acteurs privés.
Comment un mécanisme peut-il être moins démocratique, faisant abandonner aux pays leur souveraineté, et pour la donner à qui? aux marchés...
Les inventeurs de la démocratie moderne ont-ils jamais envisagé que la souveraineté du peuple puisse se négocier sur le marché secondaire de la souveraineté?
Et finalement, on rentre dans l'innommable : Le MES bénéficie de l'immunité et de l'inviolabilité. Belle prose pour parler d'impunité. Si malversation il devait y avoir, nous ne sommes pas près de le savoir... les documents sont inviolables... le mécanisme bénéficie de l'immunité... Ce qui, inévitablement, nous
donne à penser que le mécanisme est déjà une gigantesque malversation à lui tout seul... La bonne nouvelle, c'est qu'il est encore possible de l'arrêter. La mauvaise, c'est que la Finance semble bénéficier d'intelligences secrètes au sein des gouvernements... Mais chuut!... il ne faut pas le dire..

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