L’infernale mécanique du Mécanisme européen de
stabilité.
(par David Bourdier)
Jean-Luc Mélenchon nous dit, à nous
autres citoyens, lors du meeting de Montpellier mercredi 8 février 2012 : "Renseignez-vous sur le Mécanisme
Européen de Stabilité, c'est votre devoir." Je suis citoyen, je fais mon devoir :
Le mécanisme est destiné à "assurer
la stabilité financière de la zone euro". Y participent tous les pays de la zone
euro, qui contribuent à son capital. L'idée est de permettre aux pays,
solidaires, de se prêter les uns aux autres. Déjà, on se demande comment, puisqu'ils sont tous
endettés, l'Allemagne la première. La Dette prête à la Dette... Mais passons.
Plus loin : Toute assistance financière
sera subordonnée à une stricte conditonnalité...Bigre... on ne rigole pas. Mais bon,
c'est le jeu... on emprunte, il faut être rigoureux... Soudain, tout commence à s'éclairer:
Le MES coopérera très étroitement avec le Fonds Monétaire International... Voilà donc
ce que c'est que le MES: le FMI au sein de l'Europe. La conditionnalité dont sont
assortis les prêts octroyés par le MES figure dans un programme d'ajustement macroéconomique
défini dans le protocole d'accord. Gulp. Et puis les choses se gâtent...
Le MES peut prendre la décision
d'intervenir sur le marché secondaire. Qu'est-ce que cela veut dire? Cela veut dire faire rentrer
des partenaires privés. Des prêteurs. Qui bénéficieront du système deux fois,
sous la forme d'intérêts, mais surtout qui bénéficieront des garanties données par les Etats
emprunteurs, dont l'engagement de respecter les programmes d'ajustement
macroéconomiques mentionnés plus haut.
Or, comme tous les pays sont endettés,
on commence à se demander si le mécanisme n'est pas une construction répondant à
une mission apparente, la stabilité, mais qui ne serait rien autre que l'habillage d'un
mécanisme destiné à permettre à des prêteurs privés de prendre le contrôle de pays
débiteurs souverains.
Un pays qui emprunte abandonne sa
souveraineté au MES, lequel, ensuite, se donne le droit de la mettre sur le marché
secondaire pour la donner à des acteurs privés.
Comment un mécanisme peut-il être
moins démocratique, faisant abandonner aux pays leur souveraineté, et pour la donner à
qui? aux marchés...
Les inventeurs de la démocratie
moderne ont-ils jamais envisagé que la souveraineté du peuple puisse se négocier sur le
marché secondaire de la souveraineté?
Et finalement, on rentre dans
l'innommable : Le MES bénéficie de l'immunité et de
l'inviolabilité. Belle prose pour parler d'impunité. Si malversation il devait y avoir, nous
ne sommes pas près de le savoir... les documents sont inviolables... le mécanisme
bénéficie de l'immunité... Ce qui, inévitablement, nous
donne à penser que le mécanisme est
déjà une gigantesque malversation à lui tout seul... La bonne nouvelle, c'est qu'il est
encore possible de l'arrêter. La mauvaise, c'est que la Finance semble bénéficier
d'intelligences secrètes au sein des gouvernements... Mais chuut!... il ne faut pas le dire..

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